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Le TDAH à l’âge adulte : mieux reconnaitre pour mieux accompagner

Mis en ligne le 12 février 2026

Longtemps considéré comme un trouble de l’enfance, le TDAH persiste souvent à l’âge adulte. Une synthèse récente publiée en janvier 2026 dans EMC – Psychiatrie fait le point sur les connaissances actuelles, les enjeux cliniques et les pistes de prise en charge

Pourquoi s’intéresser au TDAH chez l’adulte ?

Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est aujourd’hui mieux identifié chez l’enfant, mais sa persistance à l’âge adulte reste encore insuffisamment reconnue. Pourtant, de nombreux adultes présentent des symptômes durables pouvant impacter la vie professionnelle, sociale et émotionnelle.

Cette revue s’inscrit dans un contexte de demande croissante de diagnostics et de prises en charge du TDAH chez l’adulte. Un des objectifs de son autrice Sophie Cervello (psychiatre, cheffe de service de l’unité TS2A-Trouble du Spectre de l’Autisme de l’Adulte, spécialiste des troubles du neurodéveloppement chez l’adulte) est de faire le point sur les connaissances scientifiques actuelles afin d’aider à une meilleure reconnaissance clinique de ce trouble.

Prendre du recul grâce à la littérature scientifique

A visée pédagogique, l’article analyse un large ensemble de travaux scientifiques récents, issus de la littérature internationale. Il s’intéresse à différents aspects du TDAH à l’adolescence et l’âge adulte : sa prévalence dans la population, la manière dont il se manifeste concrètement au quotidien, les difficultés associées (professionnelles, relationnelles, émotionnelles), mais aussi les outils utilisés pour poser le diagnostic et accompagner les patients.

Cette approche permet de croiser les regards et d’illustrer la diversité des situations rencontrées en pratique clinique. Par exemple, certains adultes consultent pour des difficultés de concentration au travail, tandis que d’autres arrivent après un diagnostic posé chez leur enfant, qui fait écho à leur propre parcours.

Des symptômes multiples et des parcours variés

 Un trouble fréquent mais encore sous-diagnostiqué

Le TDAH concernerait environ 2 à 4 % des adultes, avec une persistance des symptômes chez une majorité des personnes diagnostiquées dans l’enfance. Cependant, les formes adultes sont parfois moins visibles, dominées par des troubles attentionnels, de l’impulsivité ou des difficultés organisationnelles.

Des répercussions importantes au quotidien mais un diagnostic complexe

Le TDAH à l’âge adulte est associé à des difficultés professionnelles, relationnelles et émotionnelles, ainsi qu’à un risque accru de comorbidités psychiatriques (addictions, troubles anxieux, dépression…).

Le diagnostic repose sur une évaluation clinique rigoureuse, intégrant l’histoire développementale, les symptômes actuels et leur retentissement fonctionnel. L’absence de marqueur biologique impose une vigilance particulière pour éviter les diagnostics tardifs ou erronés.

Une prise en charge multimodale

La prise en charge du TDAH chez l’adulte ne repose pas sur une solution unique, mais sur une combinaison d’approches, adaptée à chaque situation.

Les traitements médicamenteux peuvent aider à réduire certains symptômes, comme les difficultés attentionnelles ou l’impulsivité. Mais ils sont le plus souvent associés à d’autres formes d’accompagnement, comme la psychoéducation, qui permet au patient de mieux comprendre son fonctionnement, ou des suivis psychothérapeutiques ciblés.

Concrètement, il peut s’agir d’apprendre à mieux organiser son temps, à gérer la surcharge cognitive au travail, ou encore à prévenir l’épuisement émotionnel. L’autrice insiste également sur l’importance de prendre en compte l’environnement professionnel et social, afin d’adapter les stratégies au quotidien réel des patients.

Vers une meilleure prise en compte du TDAH adulte

Cette synthèse scientifique confirme que le TDAH est un trouble neurodéveloppemental qui peut persister à l’âge adulte, avec des conséquences majeures sur la qualité de vie. Une meilleure formation des professionnels et une sensibilisation du grand public sont essentielles pour améliorer le repérage et l’accompagnement des personnes concernées. L’autrice souligne la nécessité de poursuivre les recherches, notamment sur les trajectoires de vie des patients et l’efficacité à long terme des prises en charge. À terme, une meilleure reconnaissance du TDAH adulte pourrait contribuer à réduire l’errance médicale et à adapter plus finement les réponses en santé mentale.

→L'article complet est disponible sur le site de l'EMC (accès réservé aux abonnés) via ce lien.


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