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Douleur et stress après la pandémie : la vulnérabilité des patients âgés en psychiatrie
Mis en ligne le 02 février 2026
Victimes des contraintes et du stress liés à la pandémie, les personnes âgées se sont trouvées particulièrement à risque de développer un trouble de stress post-traumatique ou une douleur chronique durant l’épidémie de Covid-19. L’équipe de recherche en Psychiatrie de la Personne Âgée du Vinatier met en lumière des facteurs psychologiques de vulnérabilité.
Si la crise du Covid-19 a touché toute la population, ses effets ont particulièrement impacté la santé des personnes âgées, et en particulier celles qui présentaient des troubles de santé mentale. Confinements, isolement, changements d’habitudes et incertitude ont constitué le terreau d’une vulnérabilité au stress durable.
L’après covid et le cas préoccupant des personnes âgées
L’équipe de recherche de l’unité RECI du Pôle de Psychiatrie de la Personne Âgée du Vinatier a souhaité savoir si ces patients présentaient davantage de risque de développer certains troubles de santé physique (douleurs chroniques) ou psychique (symptômes de stress post-traumatique) en réaction à ces facteurs de stress ; et quels facteurs psychologiques pouvaient expliquer ces vulnérabilités.
La découverte des chercheurs
L’étude montre une forte progression de la douleur chronique au fil du temps, passant d’environ un patient sur six à quelques mois du premier confinement à plus d’un sur deux un an plus tard.
Parallèlement, près d’un tiers des participants présentent encore des signes de stress post-traumatique liés aux événements de la pandémie. De plus, les résultats tendent à montrer que la douleur et le stress se renforcent mutuellement.
Enfin, les chercheurs ont montré que certains traits psychologiques (traits de personnalité, style d’attachement) accentuaient le risque de développer des douleurs chroniques et/ou du stress post-traumatique.
Des conséquences dans la prise en charge
Intégrer l’évaluation de traits de personnalité ou du style d’attachement pourrait aider à repérer plus tôt les personnes les plus sensibles aux effets du stress et à mieux anticiper l’apparition de douleurs chroniques ou de stress post-traumatique. En parallèle, renforcer les dispositifs de soutien émotionnel ou social après une crise, même longtemps après, pourrait limiter l’installation de troubles durables.
Ces observations invitent à repenser l’accompagnement des patients âgés suivis en psychiatrie. En effet, comprendre leurs vulnérabilités psychologiques est une première étape pour construire des prises en charge plus adaptées et prévenir les décompensations. Au-delà de la pandémie, cette étude ouvre une question plus large : comment mieux protéger les patients âgés face aux crises futures, qu’elles soient sanitaires, sociales ou environnementales.
→Ce projet a été réalisé avec le soutient de la fondation APICIL




