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Des difficultés d’inhibition dans le trouble de la personnalité limite

Mis en ligne le 28 janvier 2026

Le contrôle de l’impulsivité est essentiel pour réguler nos comportements. Une étude récente montre que chez les personnes avec un trouble de la personnalité limite, ce contrôle est altéré, éclairant mieux certains symptômes et ouvrant des pistes pour adapter les prises en charge.

Un besoin de comprendre l’impulsivité dans le trouble de la personnalité limite

Appelé aussi trouble de la personnalité « borderline », il se caractérise souvent par :

  • Une impulsivité élevée,
  • Des réactions émotionnelles intenses,
  • Des difficultés à réguler ses actes ou ses émotions,
  • Des relations interpersonnelles instables.

Une possibilité d’approcher expérimentalement les comportements impulsifs réside dans l’étude des mécanismes d’inhibition ; c’est-à-dire la capacité à retenir une action inappropriée. Portée par l’équipe de recherche PsyR2 (Nadine Barakat, William Vallet, Cécilia Neige, Jérôme Brunelin, Lionel Cailhol, Andrea Saint-Amant, Luna M. Paoletti et Emmanuel Poulet), l’étude visait à savoir si un déficit d’inhibition est objectivable chez des personnes avec ce type de trouble.

Mesurer l’inhibition pour comprendre les troubles cognitifs

Comment mesurer l’impulsivité ?

Dans cette méta-analyse portant sur 35 études, les chercheurs ont compilé les résultats comportementaux d’une tâche dite de Go/No-Go (un test comportemental dans lequel, à chaque stimulus, il faut soit appuyer (Go), soit ne rien faire (No-Go)). Si le participant appuie alors qu’il ne le devrait pas, c’est une erreur d’inhibition considéré comme un “faux départ”.  L’intérêt de cette démarche est de quantifier la capacité d’inhibition : un nombre élevé d’erreurs No-Go signale un potentiel déficit des processus inhibiteurs.

Le constat de cette recherche

L’étude souligne que les personnes avec un trouble de l'état limite ont réalisé plus d’erreurs d’inhibition que les participants “contrôles”, ce qui pousse à conclure qu’il existe un déficit mesurable du contrôle inhibiteur dans cette pathologie. Ce constat rejoint des données de la littérature selon lesquelles des défaillances d’inhibition sont retrouvées dans plusieurs troubles psychiatriques et pourraient constituer un marqueur cognitif transdiagnostique.

Quand le vécu rencontre la mesure : deux réalités différentes

Cette recherche exprime aussi que les mesures auto-rapportées (les participants déclarent sur eux-mêmes) d’impulsivité ne sont pas corrélées aux performances des tâches comportementales. Autrement dit, selon les tests cognitifs, se sentir impulsif ne signifie pas forcément être impulsif et inversement.

Ces deux approches semblent donc évaluer des facettes différentes de l’impulsivité ; l’une subjective et l’autre objective.

Implanter ces résultats dans une vision globale de la pathologie

Cela offre une preuve objective que le trouble de la personnalité borderline ne se résume pas à des troubles émotionnels : il y a aussi une altération cognitive, un réel trouble du contrôle des impulsions. Mettre en lumière cette dimension permet de mieux comprendre certains comportements (passages à l’acte, réactions impulsives) non comme un défaut de volonté, mais comme un dysfonctionnement neurocognitif.

Ainsi, cette étude ouvre la voie à de futures interventions ciblées (rééducation de l’inhibition, thérapies cognitives, entrainements spécifiques), pour aider les personnes concernées à mieux gérer leurs impulsions et mieux vivre au quotidien.

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