Le rétablissement au coeur du dispositif

Pr Nicolas Franck - Responsable du CRR & Chef de service du SUR-CL3R

L'accès à une vie satisfaisante selon les propres critères d'une personne ayant vécu un trouble psychique sévère est appelé rétablissement. La réhabilitation psychosociale et l'un de ses principaux outils, la remédiation cognitive, sont destinés à créer des conditions favorables au rétablissement. 

 

La réhabilitation psychosociale s'appuie sur des outils thérapeutiques venant compléter les dispositifs actuels. Il s'agit d'un ensemble de techniques visant à renforcer les capacités de décisions et d'actions. Ces techniques agissent sur des dimensions telles actuellement non prises en charge par les traitements médicamenteux, tels que les processus cognitifs (se repérer, se concentrer, s'organiser, comprendre autrui...) ou l'insight (capacité à s'approprier sa maladie).

 

Donner ou redonner des capacités aux personnes afin qu'elles réussissent leur vie.

Dédié aux personnes résidant sur le territoire du Rhône et de l'Ain, le centre référent lyonnais en réhabilitation psychosociale (CL3R) s'inscrit pleinement dans cette démarche et s'appuie sur différents outils : psychoéducation, remédiation cognitive, entraînement des compétences sociales, approches psychocorporelles, soutien à l’emploi, etc. Ce centre référent régional a également pour mission d'accompagner les équipes de proximité des PTSM du Rhône et de l'Ain à travers des actions de formation, d'information et d'une politique de communication unifiée.

Le centre ressource de réhabilitation psychosociale et de remédiation cognitive (CRR) a pour objectif de favoriser le déploiement de la philosophie du rétablissement et des outils de la réhabilitation psychosociale auprès de l'ensemble des acteurs de la santé mentale, dans la lignée de l'instruction DGOS du 19 janvier 2019 et du guide de l'ANAP consacrés à la mise en place de la réhabilitation psychosociale sur les territoires (voir le dossier de presse du CRR). Toute personne en début de maladie psychique sévère devrait pouvoir accéder à une évaluation et à une prise en charge spécifique si cela s'avère opportun dans son parcours de soin et de vie.

En parallèle des diplômes d’université qui forment des thérapeutes en remédiation cognitive, des spécialistes de la psychoéducation et des pairs aidants, le CRR propose aussi des formations d'équipes à l’approche orientée rétablissement, au soutien de la construction du projet de rétablissement et à différents outils de réhabilitation psychosociale. L’e-learning est proposé comme support à des sensibilisations destinées à toutes les équipes de santé mentale.

Les centres référents de Bordeaux, Clermont-Ferrand, Grenoble, Limoges, Lyon et Saint-Etienne, ainsi que les centres de réhabilitation de Bourg-en-Bresse, Poitiers et Roanne contribuent à un recueil de données de santé publique visant à étudier l'efficacité des dispositifs conçus et déployés par le CRR. Une première étude des données contenues dans la base de données à laquelle contribuent ces centres - intitulée REHABase – a mis en évidence une insatisfaction des personnes déjà suivies en psychiatrie et un accès trop tardif à la réhabilitation psychosociale. Ces résultats ont été publiés dans Psychiatric Services.

la réhabilitation psychosociale reste encore trop peu développée

Malgré un attrait fort et réel de la part des associations et des professionnels de santé pour la réhabilitation psychosociale, ainsi qu’une politique nationale en sa faveur, celle-ci reste encore trop peu développée là où elle devrait être systématiquement proposée. Face à ce constat, il faut, d’une part, continuer le déploiement de structures de réhabilitation psychosociale et, d’autre part, former très largement les équipes de santé mentale aux principes de l’approche orientée rétablissement et aux outils de la réhabilitation psychosociale. L’objectif est que tout professionnel prenant en charge des personnes ayant des troubles psychiques sévères ou des troubles du spectre de l’autisme applique ces principes et qu’ainsi toutes les personnes concernées accèdent à des soins appropriés au profit du renforcement de leur pouvoir de décider et d’agir et, partant, de leur inclusion sociale.

 

 

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