Rhizome : une courroie de transmission du savoir sur la clinique psychosociale

Emel Toprak, Elhadji Mbaye, Orspere Lyon

Le contexte d’une enquête : Dans le cadre de son projet « Avenir à partir de 2013 et au-delà » , et comme convenu avec ses financeurs, l’Onsmp/Orspere a mené une étude pour faire le bilan de sa revue Rhizome1, pour mieux connaitre les attentes de son lectorat en vue de mieux les cibler et d’y apporter des réponses adaptées.

L’étude conduite par l’Observatoire est basée sur un questionnaire composé d’une trentaine d’items. Il a été réalisé à partir de 300 emails d’abonnés issus de disciplines diverses : médecins, encadrants de structures sociales, psychologues, chercheurs en sciences sociales, travailleurs sociaux, autres professionnels soignants, autres.

Les résultats et discussion

L’analyse des données recueillies donne des informations pertinentes.

Qui lit Rhizome et à quelles fins ?

69% du lectorat de Rhizome est constitué de femmes. L’âge des répondants se situe entre 18 et 64 ans mais pour la majorité entre 25 et 64 ans (96%), généralement en activité professionnelle. Les médecins (36%) et les chercheurs en sciences sociales (30%) sont les auteurs qui ont le plus partagé leurs expériences. Les travailleurs sociaux (3%) et les psychologues (3%) sont ceux qui ont écrit le moins d’articles et qui, paradoxalement, lisent le plus Rhizome. En somme, les auteurs ne sont pas toujours représentatifs des lecteurs. Ce résultat montre que Rhizome est considéré comme une courroie de partage, voir de transmission de savoirs et d’expériences. Les articles publiés dans Rhizome sont généralement le fruit d’un questionnement ou d’une problématique des acteurs du sanitaire et du social. Rhizome permet ainsi aux professionnels et aux chercheurs de partager leurs savoirs, leurs pratiques et leurs expériences. Les psychologues et les travailleurs sociaux utilisent beaucoup ces informations comme un outil de travail et de réflexion pour leurs pratiques, mais également les infirmiers qui n’étaient pas spécifiquement inclus dans l’enquête par mail ; 88% des répondants ont estimé que la lecture de Rhizome les aide dans leur pratique professionnelle.

Concernant les raisons de la lecture de Rhizome, 9% seulement des répondants indiquent avoir une lecture de Rhizome à but personnel, 37% le lisent dans le cadre de leur activité professionnelle et 54% pour ces deux raisons. Les résultats montrent également que 30% des répondants ont pris connaissance du bulletin grâce à leur institution d’appartenance, 34% par des réseaux professionnels, 25% grâce aux journées de formation ou aux colloques et 11% l’ont connu grâce à internet.

Pour les répondants, Rhizome a une image d’interface entre le secteur sanitaire et social. La grande majorité du lectorat se sent proche des valeurs promues dans Rhizome, c’est-à-dire celles de la clinique psychosociale 2. Les répondants apprécient l’interdisciplinarité des articles et leur caractère succinct. « Les articles courts sont de bonnes « portes d’entrée » pour les équipes ». Sur la manière dont Rhizome aide les professionnels dans leurs pratiques, les réponses montrent que la lecture de Rhizome est utilisée comme « une boite à outils » où l’on vient « piocher » selon les situations. Rhizome est aussi un outil qui permet aux professionnels une prise de recul sur la pratique auprès des personnes précaires, facilite une conceptualisation des observations et difficultés liées à la pratique.Les contenus des articles sont considérés comme une matière première précieuse pour nourrir la réflexivité des professionnels.

Sur la manière de lire Rhizome, 79% des répondants lisent Rhizome régulièrement, 58% ciblent certains articles et 41% en ont une lecture exhaustive. Les réponses montrent que sur 74% des répondants qui sont abonnés à Rhizome, 46% préfèrent le bulletin trimestriel classique. Cette préférence pour le bulletin est sans doute liée au fait qu’un nombre important du lectorat est constitué de psychologues (27%) et de travailleurs sociaux (24%) souvent plus intéressés par les articles courts des professionnels de santé et du social publiés dans le Rhizome classique, plutôt que les articles longs des chercheurs en sciences humaines et sociales publiés dans les Cahiers. Néanmoins l’alternance entre les articles courts et longs et entre le cahier et le bulletin est appréciée par les répondants (46%). Les résultats montrent que les trois points forts de Rhizome sont : le contenu des articles (76%), l’aspect pluridisciplinaire (78%), et sa gratuité (68%). Les répondants souhaitent que Rhizome puisse continuer à « garder l’approche pluridisciplinaire et la qualité des contenus des articles ». Néanmoins, la majorité des répondants continuerait à lire Rhizome même s’il devenait payant (54%). Peu de répondants (10%) pensent que la gratuité de Rhizome est un point faible tandis que pour 41% la présentation doit être améliorée. La forme papier est plébiscitée, sans refuser un adjuvant numérique. Sur l’avenir, le lectorat aimerait l’ouverture de Rhizome à de nouvelles thématiques comme l’action sociale éducative, la place des usagers, l’évolution du droit et des politiques publiques, les écrits professionnels… Un avenir encore à explorer.

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