Edito

Jean-Pierre Martin

Jean Furtos

La psychiatrie de secteur a beaucoup travaillé et beaucoup produit ; pour autant, dans le meilleur des cas, elle est « au milieu du gué » selon l’heureuse expression de Patrick Chaltiel et Guy Baillon, et ne doit pas y rester.

Dans ce troisième et dernier numéro du triptyque sur « la psychiatrie publique en questions », les contributions qu’on pourra lire, étonnamment engagées, amènent des exigences éthiques, techniques, théoriques, politiques ; elles expriment parfois des « coups de cœur » suggérant fortement que la psychiatrie  est bien « notre affaire à tous », usagers, familles de patients, administrations, praticiens et chercheurs du dehors et du dedans de la psychiatrie.

Ces coups de cœur surgissent dans un climat incertain. Le mouvement historique de désaliénation a rencontré le risque de la santé conçue comme une marchandise néolibérale, couplée au paradigme du moindre coût du service public ; les « restructurations » sanitaires ont renforcé la crise des références théoriques du soin et souvent altéré la finalité du mouvement de désinstitutionalisation initialement prévu.

C’est pourquoi, nous avons besoin de réflexion, d’actions concrètes, d’actes politiques forts pour résister à la désespérance et aux velléités de démission qui traversent les professionnels de la psychiatrie , et sans doute beaucoup d’autres.

Dans ce contexte, le comité de rédaction de Rhizome n’a en aucune manière visé à une contribution expertale définitive ; bien plutôt, en fin de dossier, il propose une mise à jour des CHANTIERS en cours de la psychiatrie, ces lieux de désordre, de tensions et d’émergence à travailler collectivement ; pour qu’évolue en profondeur l’outil de soin en faveur des patients/usagers et de la communauté sociale.

C’est le vœux que nous formulons pour tous nos lecteurs, à l’aube de l’année 2003 : supporter une temporalité éminemment conflictuelle, choisir les bons chantiers, créer les bonnes alliances, faire du bon travail.

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