Cahiers de Rhizome n°67 - Supporter le travail ?

Appel à contribution, Cahiers de Rhizome n°67: "Supporter le travail?"

Ce numéro des Cahiers de Rhizome vise à interroger les mutations du travail et celles des dispositifs de soutien aux professionnels, d’un point de vue pratique et théorique. Des contributions de différentes disciplines sont attendues : psychologie, anthropologie, sociologie, sciences politiques, économie, psychanalyse….

Un « monde » du travail en mutation 

Le monde du travail a rapidement évolué ces dernières années. Désinstitutionnalisation, mondialisation, flexibilisation, désyndicalisation : les contributions pourront documenter ces évolutions, mais aussi interroger les conséquences qu’elles ont sur les organisations, sur les professionnels mais aussi sur leur subjectivité et leur santé mentale (stress et risques psychosociaux) notamment pour les professionnels de la relation à autrui.

Ce sont aussi les champs du travail social, et de la psychiatrie qui se trouvent impactés. Des intervenants sociaux et en santé sont critiques des procédures managériales lorsque celles-ci s’opposent aux missions qui constituent le cœur de leur métier (accompagnement, clinique). Comment faire face à ces évolutions ? Quelles sont les adversités et les solidarités possibles ? Que peut-on dire des mouvements sociaux actuels dans le champ du travail ? Qu’est-ce qu’aujourd’hui le travail ? La clinique ? Le travail social ? Ce sens parait moins « su-pporté » aujourd’hui par les institutions que par ce que les situations exigent. La dynamique de projet peut mettre en défaut les modalités d’interventions, d’autant plus avec le public précaire.

Souffrances au travail et soutien aux professionnels

La souffrance au travail est thématisée par de nombreuses recherches comme dans le débat public. Des contributions pourront présenter et discuter les différentes formes de souffrance subjective dans les organisations aujourd’hui. Ce sont aussi les réponses concrètes face à ces souffrances qui nous intéressent dans ce numéro, qu’elles soient plus ou moins formelles, individuelles ou collectives, spontanées ou organisées (le coaching par exemple).

Historiquement, surtout dans le champ de la relation à autrui, l’analyse de la pratique ou la supervision ont représenté un élément incontournable du paysage médico-psycho-social. Leur filiation, plus ou moins directe, avec la psychanalyse et son processus centré sur le sujet, mais aussi avec d’autres courants (groupes Balint par exemple), dessinait un contour relativement peu discuté de leur visée, de leur cadre, de leurs limites, dans une époque encore marquée par une certaine consistance institutionnelle (notion de programme institutionnel). La tâche essentielle de ces accompagnements de la pratique était alors encore envisagée comme un dispositif de traitement des effets de la pratique professionnelle sur les psychés individuelles et groupales, effets indexés sur la dynamique transféro-contre transférentielle issue de la cure type.

Mais l’émergence de nouvelles problématiques plus étroitement intriquées aux effets d'une  crise sociétale durable a probablement fait bouger les lignes et les limites de ces dispositifs, et conduit les praticiens à « bricoler » des dispositifs de réflexivité sur mesure, en fonction des attentes mais aussi des limites pratiques imposées par ces nouvelles problématiques. Assiste-t-on  alors à une forme de babélisation de ces dispositifs à mesure que s’opère un mouvement de distanciation plus ou moins explicite avec le cadre historique de référence issu de la psychanalyse ? Doit-on à présent considérer l’analyse des pratiques professionnelles comme une sorte d’auberge espagnole où serait consommé ce qu’on y apporte ? Et si tel était le cas, comment interroger ce revirement pragmatique ? Faudrait-il y voir une dissolution de l’articulation théorico-pratique ou à contrario un remaniement réaliste rendu nécessaire par de nouvelles dispositions à l’égard d’une théorie jugée trop peu en prise avec la réalité des problématiques psycho-sociales ?

De même, nous pouvons également interroger les nouvelles potentialités de ces espaces de parole et d’écoute à l’aune de la désinstitutionalisation et à l’ère de l’hégémonie comptable. Devant l’effondrement des garants méta-sociaux propres aux pratiques psycho-sociales, l’analyse des pratiques se verrait-elle investie de nouvelles vertus, quand bien même elle y résisterait ? Il y aurait lieu alors de s’interroger sur la fonction politique de ces dispositifs   sur fond de désengagement de la figure de l’État-providence.

Un travail insupportable ? Vers un monde sans travail ?

Ce dernier axe, volontairement très ouvert, laisse libre cours aux utopies. D’une part pourront être documentées les conséquences du travail. Qu’est-ce que le travail fait à la vie ? Pour les personnes en rupture, le travail peut-il être un idéal à atteindre ? D’autre part, pourront être présentés d’autres « modèles » ou expérimentations qui accordent une place beaucoup plus mineure au travail. Quelle place pour le rétablissement des personnes dites vulnérables mais qui inventent des allures de vie en miroir des bouleversements qui les frappent de plein fouet ?

 

Les contributions peuvent émaner de chercheurs (des sciences humaines et sociales, de médecine…), mais aussi de professionnels (travailleurs sociaux, cliniciens…).

Pour répondre à cet appel à contribution, vous pouvez envoyer un résumé comprenant un titre (2 000 caractères maximum) en précisant vos nom, prénom et statut avant le  11 septembre 2017 (puis envoi de l’article finalisé – environ 25 000 signes, espaces compris -   avant le 13 novembre). Les articles paraissent en français. Ils doivent présenter un caractère inédit, ne pas avoir été publié sur papier ou en ligne. Après approbation par le comité de relecture, l’article sera publié dans le prochain cahier qui sera publié à la fin de l’année 2017.

Pour plus de précisions ou pour envoyer votre proposition de contribution, vous pouvez écrire à Natacha Carbonel, assistante de rédaction Rhizome, à l’adresse suivante : natacha.carbonel(at)ch-le-vinatier(dot)fr en mettant en copie l'adresse de l'Orspere-Samdarra: orspere.samdarra(at)ch-le-vinatier(dot)fr 

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