Habitat et santé mentale

Dans la tradition des travaux de l’Orspere, il importe pour cet axe de comprendre les problématiques de santé mentale des personnes en difficulté d’habitat. Les dernières recherches ont porté sur les troubles de voisinage, l’accompagnement à l’habitat, auto- 
rénovation, etc. Pour 2015-2016, les recherches portent principalement sur les problématiques d'incurie dans l'habitat.

L’incurie dans l’habitat

 Troubles dans l'habiter  / Mathilde Sorba (Orspere-Samdarra-Centre Max Weber) ANR : Haparêtre : Habiter, la part de l’être

Cette thèse porte sur les situations « d’incurie dans l’habitat » et s’intitule « Troubles dans l’habiter » Le travail de thèse consiste à analyser  trois façons de constituer les situations d’incurie dans l’habitat en problème public selon la logique psychiatrique, la logique administrative (celle des services publics d’hygiène) et une logique de santé mentale (identifiée ici à travers différentes dispositifs qui proposent d’intervenir sur des situations d’incurie pour régler le problème d’hygiène tout en manifestant un souci de la personne en situation d’incurie, une préoccupation du versant psychique de l’occupant du logement). Ainsi, il s’agit de comprendre comment les « situations d’incurie dans l’habitat » se stabilisent en problème public dans le processus d’enquête opéré dans le cadre de chacune de ces trois logiques. Quels sont les principes en matière d’ « habiter » qui permettent à chacune de ces logiques de constituer l’ « habitat en désordre» en une problématique publique ? Quel cadre normatif se dessine en creux de leur problématisation de l’ « habitat en désordre » ?   Pour réaliser ce travail, trois axes de problématisation ont été définis. Le premier axe s’intéresse à la dimension civile et politique des « situations d’incurie dans l’habitat ». Il s’agit alors de déterminer quel cadre normatif est mobilisé par les différents cercles de concernement que sont le voisinage, l’entourage, les autorités publiques, les intervenants,  pour constituer l’ « habitat en désordre » en gêne, puis en trouble enfin, le cas échéant, en  problème public ; ensuite, de dégager les attendus politiques du vivre ensemble qui se dessinent en creux de ce cadre normatif. Le deuxième axe de problématisation s’attachera aux  troubles cognitifs et moraux que suscite l'habitat en désordre auprès des divers intervenants, aux épreuves de professionnalité auxquelles il les expose. Enfin, le troisième axe de problématisation s’intéressera à cet habitant improbable qu'est l’habitant de l’ « habitat en désordre » et au trouble que sa prise en compte peut susciter au regard d'une anthropologie de l'habiter.

Espace, matière et subjectivité. Psychodynamique de l'habiter dans la syllogomanie / Adrien Pichon (Orspere-Samdarra, CRPPC)

Ce travail de recherche s’appuie sur la participation à un dispositif d’accompagnement psychosocial auprès de personnes en situation d’incurie dans le logement et syndrome de Diogène, financé par l’Agence Régionale de Santé et porté par l’ALPIL. A partir de cette expérience clinique, cette recherche interroge :

  •  D’une part, les conditions de possibilité d’un travail clinique d’orientation psychodynamique à domicile auprès de personnes en situation d’incurie. Initialement fondée sur le traitement en libéral de patients névrotiques formulant une demande de soin à un thérapeute, la psychanalyse n’a en effet que très marginalement abordé la clinique à et du domicile, d’autant plus pour des personnes ne formulant aucune demande de soin comme dans les situations d’incurie. Il s’agit aussi d’explorer la nature psychopathologique de ce syndrome transnosographique et d’en dégager une lecture psychodynamique dans une véritable clinique du lieu, inscrivant l’ensemble des symptômes dans l’histoire des relations objectales du sujet en incurie.
  •  D’autre part, ce travail propose plus généralement d’inscrire la problématique des relations entre l’individu et son logement, entre le sujet et l’espace, au programme de la recherche en psychopathologie clinique. Il s’agit de considérer l’habiter comme un processus de subjectivation, porteur d’une dimension symbolique pour le sujet et pénétré par les enjeux de l’histoire de sa construction subjective. La clinique du lieu doit permettre d’interroger cette dimension ordinairement muette de la condition humaine afin de dégager son rôle dans l’économie psychique. Cette recherche s’inscrit dans un changement de paradigme clinique, depuis l’attention élective pour la symbolisation verbale vers la considération des formes spatiales de la symbolisation, qu’on pourrait inclure dans le mouvement plus large d’un tournant spatial en psychopathologie.

Séminaire habitat et santé mentale

Pour l'année 2017, l'Orspere-Samdarra a l'intention de mettre en place un séminaire réunissant professionnels et chercheurs sur la thématique "santé mentale et habitat".

Nous proposons aux professionnels du logement, confrontés à des problématiques de santé mentale, et à des professionnels du sanitaire qui sont amenés à se poser la question de l'habitat et du logement dans le cadre de leur pratique, de venir discuter, de façon réflexive, des problématiques qu'ils rencontrent sur le terrain.

Pour plus de précisions contacter Mathilde Sorba, chargée de recherche : mathilde.sorba(at)ch-le-vinatier(dot)fr 

 

 

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